Les endroits du fond au milieu [Repaix]

[Photos du 27 février 2011 | Sony Alpha 100 | Rédigé en écoutant Pixies, «Debaser»]

La Lorraine c’est rural. On n’en doute pas. La Lorraine, hormis quelques aires urbaines, quelques sillons mosellans ou non, c’est rural. Mais rural, ça ne veut rien dire. Est-ce la ruralité amère des chansons de Michel Bühler? Parle-t-on de la ruralité lumineuse de Pagnol? Ou de celle, terrifiante, de Délivrance?

Le village de Repaix, tanné comme ça au-dessus de Blâmont, à quelques encablures du champ de bataille de la Der des Ders, il fait assurément partie de la ruralité. Mais la ruralité, elle peut être surprenante. Dans la ruralité, il y a des gens, c’est pour ça. Et ces gens ils font plein de choses, dans la ruralité. Ils font des tas de trucs. La ruralité, et on frôle la marque déposée, elle produit des tonnes d’artistes dont un paquet ne savent pas qu’ils en sont, ou ne veulent pas en être. Ainsi au Val d’Ajol, à Pagney-Derrière-Barine, aux Hauts-de-Chée, à Laître-sous-Amance, à Rochesson ou à Repaix.

J’y ai passé une journée, puis une soirée, à Repaix. Sûrement j’y ai dormi à Repaix, mais je serais bien en peine d’en être sûr, ni même de dire où si jamais c’était le cas. Tu cherches l’heure de ta dernière photo de la soirée pour te faire une idée, mais ça reste opaque. Dans ce genre d’endroit à la marge où tout vient échouer puis s’organiser par accumulation, comme une débâcle météorologique, ça va pas bien vite mais la force est immense. C’est ça, ces endroits modestes, un peu fous, un peu bizarres, pas mal chouettes, avec au milieu des gens pas trop probables et pourtant bien là, dressés autant qu’ils le peuvent, pour que la ruralité ne devienne jamais une marque déposée, confisquée par des Jordan, mais reste un truc bien vivant et toujours surprenant.

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