Frouard, le temps de vivre

[Photos du 20 mai 2020 | Fuji X100F | Photos brutes]

Je ne sais pas ce que Georges Moustaki en penserait mais il validerait ce titre car avec un copié-collé ça lui aurait évité de taper le titre en entier pour sa set list (oui, je vis à Miami) et ça c’est de l’énergie précieuse de sauvegardée. Sinon encore une fois ce titre est strictement aléatoire.

Frouard c’est une vieille ville. Moi je trouve toujours que Frouard donne l’impression d’avoir lentement émergé de la glaise pendant plusieurs millénaires avant d’exister. Les Nancéiens à côté c’est des perdreaux de l’année. A peine une zone pavillonnaire de chez Gérard d’Alsace Immobilier. C’est ni fait ni à faire. En plus à Frouard on communique sur les murs globalement. C’est vachement plus efficace que la fibre les murs parce que quand ça va pas tu peux les démonter pour jeter des pavasses aux bourgeois, alors qu’avec la fibre tu peux juste faire des fouets pour punir des néolibéraux mais vu qu’ils sont néolibéraux à priori se faire fouetter ils aiment ça; efficacité limitée, donc.

Bon je m’égare, comme disait Euclide.

Allez hop, un peu de Frouard au pied levé, photos vite fait un coup entre midi que j’étais à Frouard et avec l’inspiration d’un gnou ivre devant un tract de François Asselineau, encore tout tâché d’alcool de patate et d’ecstasy.

De quoi Toul est-elle le nom?

[Photos du 4 juin 2019 | Fuji X100F | Photos brutes]

Ce titre est super stylé. On dirait du Raphaël Enthoven mais en moins mondain, je lui laisse cet attribut qu’il porte fièrement à son firmament.

Bon par contre ça veut rien dire. On dirait du Raphaël Enthoven, quoi.
A la décharge d’Enthoven, ça pourrait aussi être un titre du Monde Diplo.

Sinon on peut dire d’Estelle Denis. Pour euh… pour le nom. De quoi est-elle… Est-elle. Estelle. Denis. Voilà. Non mais je vois bien que je suis tout seul. Je vais trop vite pour vous je fais des blagues de 2050.

Pffff allez aujourd’hui je me foule pas, trois photos carrées de Toul, cette ville qui est toujours vachement plus chouette que prévu. Voilà c’est pour te filer à grignoter en attendant un futur billet qui sera une révolution dans le monde du blogging. Bloggage. Bloggance. Bloggrance. Bloggortillonnage. Je sais pas. Je m’en fous. De toute façon plus personne ne fait des blogs (même constat pour le ska). Va trouver un mot qui va bien par toi même. Fais tes propres recherches. Surtout fais pas chier.

Eh bah voilà, j’ai encore été agressif. T’as tout gagné. Bon où j’ai foutu mon café moi?

Laître-sous-Amance, une église et des trucs

[Photos du 8 janvier 2013 | Nikon D7000 | Photos brutes]

Ouiiiiiiiiiiin Notre-Dame de Paris elle a brûlééééééé!

Ça va les pleureurs? A Laître-sous-Amance y’a l’église Saint-Laurent et elle est bien plus chouette. Le jour où elle brûle, là, peut-être je verserai ma larme. Mais saint Gorgonzola nous en préserve. Après chialer pour Notre Dame… bon moi j’y peux rien si vous avez pas d’goût.

Aaaaaaah il commence bien ce billet. Consensuel et tout, c’est confort.

Bref, à l’Est de Nancy y’a Laître-sous-Amance, et c’est un village qui mérite une pause. Ses rues, ses maisons, bon ça c’est vite vu, même si certaines maisons sont très jolies. Ses vieux panneaux que j’aime bien, son église, donc, qui est mieux que Notre-Dame, son monument aux morts avec ses gars morts pour le capitalisme (Barthas Krew RPZ) (oui bah tant qu’on y est vu le niveau de consensus autant garder le cap), ses cultures de trucs et c’est bien parce que moi j’aime bien les trucs, son monument pour remercier le Patron de pas s’être pris trop de pélots sur le coin de la gueule en 44, alors que les Allemands retraitant depuis Agincourt auraient pu, aux yeux d’un État-Major pas sur son sol, justifier de leur envoyer quelques tonnes d’acier dans la margoulette. N’est pas le Havre qui veut. Il aurait fallu un Médine de Laître pour mieux en parler. Bref, Laître-sous-Amance, excellentes blagues mises à part, c’est du talent villageois. Et c’est pas parce que Amance sur sa colline juste au-dessus est incontestablement le village le plus pittoresque du coin qu’il faut oublier tous les «sous-Amance», qui valent aussi le détour. Pour peu que tu sois un peu curieux, un peu ouvert, un peu observateur, un peu génial et modeste (bref, pour peu que tu votes pas à droite)(aaaaaaaah préjugéééééé!)(oui, préjugé, va falloir t’y faire, c’est le principe de base ici)(ça et les parenthèses digressives indigestes contrairement au fromage italien qui se digère bien et soigne les écrouelles).

Et j’insiste, l’église Saint-Laurent est vraiment une belle chose à voir.

Note: la photo des noms sur le monument aux morts est bancale, on dirait que je l’ai faite avec mes orteils. Mais je la mets quand même, parce que j’ai à cœur de lire chaque nom, de penser à chaque individu, et de m’émouvoir en imaginant ces vies, qui ont été consumées soudainement par ce Moloch dénoncé par Louis Mairet, du 127e RI: « La fourragère, fièrement déployée, se tortille à la hampe du drapeau. J’observe les physionomies à son passage. Tous, jeunes et vieux, saluent, mais sans gaieté […]. Chacun révère le dieu dans une admiration stupide et peureuse. Chacun pense aux siens que le moloch flottant dévore. Chacun voudrait lui dire au passage : “ Arrête, arrête, grâce, pitié, n’en tue plus … ”. Et les yeux pleins d’horreur se dilatent, la vie s’arrête dans les veines, les visages grimacent et les paupières se gonflent, prêtes aux larmes. »


A cheval entre Champougny et Pagny-la-Blanche-Côte

[Photos du 8 juin 2005 | Canon PowerShot A70 | Photos brutes si je me souviens bien mais rien n’est moins sûr surtout vu les couleurs claquées au sol de la deuxième photo]

Je regardais les stats du site, ça va, vous êtes en vacances ou quoi? Faudrait penser à vous bouger, les courbes ne sont pas bonnes. Pour vous montrer qu’on est une équipe, je prends ma part: histoire de frapper un grand coup, aujourd’hui des photos de Champougny! Et Pagny-la-Blanche-Côte! De quoi changer l’histoire de l’humanité. On retiendra des années 2020 le Covid et ce billet.

Voilà. Des vieilles photos vintage hein, de quand j’allais avec des copains dont un possédait à la fois une voiture et un permis de conduire raouer la région avec mon bon vieux compact Canon. Au lieu de travailler et de réussir dans la vie. Et c’était très bien comme ça. On notera la prise de risque, on était en Meuse. Techniquement. Ne faites pas ça sans préparation et sans guide compétent.

Nancy, ville normale

[Photos du 6 avril 20017 | Nikon D800 | Photos brutes]

En fait à Nancy le mieux à faire c’est de marcher au hasard. C’est comme dans toutes les villes. Marcher seul et au hasard, à la rigueur avec une personne qui a envie de marcher seule aussi et qui est économe en paroles. Voilà une bonne façon de découvrir les villes. Une bonne façon de voir aussi ce qu’on ne te propose pas de voir. Bref, de laisser la ville faire sa sauvage. Et seulement après, quand tu n’as pas suivi les sentiers battus, tu peux aller suivre les itinéraires. Celui sur le patrimoine universitaire est très bien par exemple. A Montréal, mon cousin m’avait fait découvrir la ville à travers ce type de patrimoine, c’était fort intéressant. Alors hein. Bon. Sinon dans le fond tu fais comme tu veux, mon avis c’est possible de s’en taper.

Nancy, jamais de but mais toujours au centre

[Photos du 30 mars 2014 | Nikon D7000 | Photos brutes]

Un Dimanche en Lorraine, mais surtout à Nancy hein. Bah oui, le hasard m’a fait grandir à Nancy. Et puis en plus Nancy étant le centre du monde connu, statut qu’elle se dispute d’après un ami avec la rue de l’Ornain à Laxou Champ-le-Bœuf, bref, c’est un peu normal.

De toute façon le centre du monde connu ça change tout le temps selon où je me trouve, vu que c’est moi qui le décrète.

Voilà. J’ai pas envie de parler du titre de ce billet, laisse-moi tranquille.

Bon allez, des photos. Quatre. C’est bien quatre. Ah non cinq. C’est moins bien.

Lunéville en noir & blanc

[Photos du 25 juin 2009 | Sony Alpha 100 | Photos pas brutes dans mon souvenir car comme un con à l’époque je gardais pas toujours la photo brute]

Il est de bon ton quand on est Nancéien de se foutre tout le temps de la gueule de Lunéville, Toul, Champigneulles, Frouard, Thionville, Pont-à-Mousson, Épinal, Charmes, Mirecourt, Dieuze, Fénétrange, Vézelise et euh… bah de tout le monde dans la région, quoi. Normal Nancy c’est la capitale de l’univers. Forcément. Et moi j’ai grandi où? A Nancy. Eh ouais ma gueule. Alors attention je vais te parler de Lunéville, et ça va être gratiné.

Ah meeeeeerde. Attaque de flemme. Tant pis ça sera pour une prochaine fois.

Boum, des photos alors.

Le Plateau on fire [Dommartemont/Malzéville]

[Photos du 8 décembre 2005 | Canon PowerShot A70 | Photos brutes]

Ces photos sont un peu limite, et mon Canon de l’époque, un compact qui a été mon premier numérique, il était au bout du bout de ce qu’il pouvait faire. Vu les conditions, il s’en est pourtant sorti de manière honorable. Néanmoins, ces photos de on boit des bières au plateau de Malzéville, véritable patrimoine nancéien, ne sont quand même pas d’une qualité fabuleuse. J’avais envie de te les montrer parce que j’adore leur ambiance. Alors bon déjà c’est décembre, le meilleur mois de l’année. Avec novembre, oui, bon. Ensuite l’ambiance du plateau. Si t’as pas passé une soirée au Plateau avant ta mort, tu peux pas mourir en fait, tu erres dans les limbes jusqu’à trouver une bière premier prix et un plateau de Malzéville. Enfin, la brume de décembre combinée au lumières de la ville et à la balance des blancs complètement hystérique de l’appareil photo… on dirait que la ville est en feu!

J’adore.

Bref, trois photos souvenir dont une même pas sur le Plateau mais sur le trajet du retour vers le Faubourg, toujours à pied.

Infidélité géographique #2: Jette-Bruxelles-Ganshoren

[Prises de vues du 22 et 23 novembre 2018 | Fuji X100F | Photos pas si brutes mais pas mal]

Autant je suis pas un grand fan de l’Italie, autant le fromage italien c’est mon pêché mignon. Eh bah la Belgique, c’est le contraire.

Au-delà de la formule, comme on dit dans le milieu, j’ai une affection particulière pour le Belgique et en particulier le pays Wallon. Et puis j’ai un copain assez fameux à Bruxelles chez qui j’aime à me rendre pour partager ses dernières trouvailles de punk ouzbek ou d’électro-folk letton. Un garçon précieux pour ma discothèque. Comme il est en banlieue en fait on traîne souvent dans la banlieue: Jette (et la maison-musée de René Magritte), Ganshoren (et son église Saint-Martin fort étonnante), Moleenbek (et son parc du Scheutbos). Parfois même si je reste trois ou quatre jours il arrive qu’on ne foute pas un pied à Bruxelles, qui est pourtant au bout de la rue. Et j’aime bien cette idée d’aller à Bruxelles sans aller à Bruxelles. Mais allez dis, c’est bien aussi Bruxelles.

Quelques photos de cette ville et un peu de ses banlieues. Une ville pour laquelle il est difficile de ne pas développer une forte affection.

Les Sablières de la Meurthe [Rosières-aux-Salines]

[Prises de vues du 1er mai 2009 | Sony Alpha 100 | photos brutes remises d’aplomb quand même]

Pourquoi le 1er mai 2009 je me suis retrouvé sur un chemin longeant les Sablières de la Meurthe à Rosières-aux-Salines? Tu veux pas savoir?

Bon c’était pas vraiment une question, en vrai: je te raconte.

Alors c’était le 1er mai et je suis parti tôt le matin du Faubourg des III Maisons à Nancy pour rejoindre les copains à Rosières-aux-Salines. A pied. Pourquoi à pied? Mais pourquoi pas, je te ferais dire, mon p’tit pote. Ma mission était claire: trouver du beurre. Je sais plus pour faire quoi mais je devais trouver du beurre en route.

On notera que conséquemment j’ai pas été au défilé. Mais à l’époque c’était Bernard Thibault; les vieux avec la coupe de Mireille Mathieu pardon mais ça avait quand même moins de gueule que Sophie Binet. « Ne laissons pas les affaires du monde aux seules mains du monde des affaires », lança Bernard Thibault à l’adresse de Nicolas Sarkozy. Wouh. Il a pas du dormir tranquille le petit escroc.

Bref, Sophie Binet présidente!

MAIS BON ON S’EN FOUT JE DEVAIS TROUVER DU BEURRE DE TOUTE FAÇON J’AVAIS UNE MISSION JE POUVAIS PAS LUTTER AVEC LES CAMARADES Y’EN A QUI BOSSENT MERDE.

Eh bah j’vais t’dire, zobi. Que dalle. Pas de beurre. On aurait cru la Grande Armée qui rentre dans Moscou avec la dalle et qui réalise soudain QU’IL N’Y A PLUS DE BEURRE A MOSCOU.

La lose. Tout était fermé, pas un magasin ouvert. Tout comme Moscou je te dis. Bon moi j’ai pas foutu le feu, mais c’était pas loin.

Un 1er mai tout le monde était au défilé j’imagine, bravant Bernard Thibault et sa coupe, les prolétaires étaient des milliards à se retrouver, faisant fi de leurs différences professionnelles, ethniques, de genre, religieuses, capillaires, enfin réuni-e-s pour défendre ensemble leurs intérêts de classe contre le patronat, contre les puissants, contre le capital.

Alors mon beurre, hein…

Pire, je me suis paumé en arrivant sur Rosières, j’ai tracé tout droit comme un con avant d’entrer en collision avec les sablières et de faire quelques photos en passant. Collision qui me fit comprendre mon erreur et m’évita de m’abîmer vers le sud à Vigneulles ou à Charmois, bleds improbables où mes ascendants directs grattaient la terre avec les ongles de leurs enfants pestiférés à la fin du XVIIIe siècle.

Un demi-tour plus tard je me suis enfin retrouvé, tanné mais content, chez le copain de Rosières avec toute la bande. On me mit en main une Pelforth brune achetée chez Sanchez à l’époque, aujourd’hui le Fournil du Ban-Ban, boulangerie sise dans les locaux de l’épicerie de mon arrière-grand-mère. Ouais je suis tentaculaire, j’ai toujours un aïeul pas loin dans le coin. Si tu vas aux chiottes, attention de pas faire caca sur mes ancêtres.

On regretta ensuite de pas avoir de beurre parce qu’on pouvait pas faire je sais plus quoi.

M’en fous, j’avais des photos des sablières. Il pouvait rien m’arriver.