A poil au canal [Nancy]

[Photos du 11 octobre 2007 | Konica Minolta Dimage Z6 | Rédigé en écoutant Shake Shake Go, «Dinosaur»]

Quand j’habitais au bord du canal à Nancy, au bout du Faubourg des III Maisons, ma fenêtre de cuisine en rez-de-chaussée surélevé, donnait sur le canal. Je passais beaucoup de temps à cette fenêtre. J’y prenais aussi beaucoup de photos. Quant avec les ami.e.s ont jouait au yams, forcément, qui faisait tomber un dé de la table avait un gage.

«A poil au canal!» s’écriait-on.

Bien entendu, c’était pour le rituel, personne n’a jamais été se mettre à poil au canal.

Parce que si quelqu’un avait insisté pour que la personne concernée le fasse, en particulier sans son consentement, ou en tous cas sous la pression du groupe, il se serait pris une chope de bière en grès dans la gueule. Avec le couvercle en métal qui fait mal, oui.

Le Faubourg des III Maisons côté canal [Nancy]

[Prises de vues d’octobre 2010 | Sony Alpha 100 | Photos brutes]

Allez quoi, le Faubourg. Il est connu à Nancy comme un quartier super bien et les gens du quartier disent qu’il est nul et qu’il était mieux avant.

C’est une sorte d’équation.

Moi je l’ai vécu y’a longtemps avec une fenêtre qui donnait sur le canal, faisant rez-de-chaussée surélevé de ce côté. Tout au bout du Faubourg, là où il vient faire des bisous avec la langue à Maxéville. Je vivais avec les pigeons, les mouettes, les canards, les rats, les gens qui promenaient leur chien ou leur cirrhose, parfois les deux, les joggers, les rares péniches et les plaisanciers en saison. Et c’était extrêmement chouette. J’ai passé des heures à cette fenêtre à regarder passer le temps. En plus j’ai été au chômage pendant un moment à cette époque, autant te dire que quand j’avais terminé de saboter mes lettres de motivation et mes entretiens, cette fenêtre était un remède à la mélancolie, comme on dit quand on s’appelle Eva et qu’on fait des phrases parfois trop longues sur un ton malicieux depuis Paris.

Ah et bien sûr, y’a des chats errants. Pas de bon quartier sans chats errants pour détruire avec du fun gore la biodiversité, du haut de leur patrimoine génétique plus flingué que celui de Philippe de Villiers.

Allez on va au canal? Allez! A POIL AU CANAL! A POIL AU CANAL!

(Ah désolé, je croyais que j’avais bu mais non en fait)

Maxéville, au canal

[Fuji X100F / Prises de vue du 11 mars 2024 / Photos brutes]

Maxéville est une ville qui manque cruellement de monuments de type Taj Mahal et d’immeubles démesurés comme le Burj Khalifa. Voilà pour les points négatifs. En positif on peut dire que Maxéville a un canal plutôt pas mal, avec des rives et de l’eau dedans et des canards en situation de flottaison ce qui répond pas mal au cahier des charges d’un canal. Et moi tu sais j’aime bien me promener au bord des canaux quand ils sont conformes. Alors souvent quand j’ai un peu le temps je m’en vais cheminer, tel un petit cheval blanc qui aurait donc du courage sur le chemin de halage, tous derrière et lui devant. Bon je ne tire pas de péniches parce que je suis trop chétif et que les péniches devenues rares sont plutôt autonomes dans leurs déplacements. Et ce que j’aime bien à Maxéville c’est qu’à un moment y’a de la frontalité, qu’il s’agisse de traces de la vie industrielle passée de la commune ou du joufflu des maisons perchées au-dessus des eaux dormantes. Allez, on va voir ça. Ah oui et j’ai pas raconté trop de conneries aujourd’hui mais si je trouve un jeu de mot médiocre ou quelque chose dans ce goût d’ici la fin de la mise en ligne des photos je te fais signe promis.

Bon bah déso pas déso, j’ai pas trouvé de vannes à faire et en plus faut que je me dépêche je dois aller voir des peintures et tout, on m’attend. Allez, garde la pêche et n’ouvre à personne si ça s’trouve c’est l’diable.