Nancy, ci après devant les murs

[Photos brutes du 27 décembre 2008 | Sony Alpha 100 | Billet rédigé en écoutant Billy Joel, «Pressure»]

Salut. Nancy avait des murs et en dehors des murs il y avait le Faubourg des 3 Maisons, peu ou prou une survivance du village de Saint-Epvre mais qui se nichait contre les murs précédents et un village contre tes murs, c’est autant de salopiauds qui peuvent venir lécher tes murs en restant bien cachés, donc on casse le village. Hop. Il reste trois maisons, nous dit-on, il n’en fallait pas plus pour que naisse le Faubourg des III Maisons. J’y ai habité, et c’était bien, chaleureux et miteux et ouvrier et prolétaire et marginal et embourgeoisé et villageois et pauvre et néo-riche et urbain. C’est un endroit à part, et même si il s’est pas mal normalisé aujourd’hui, dans le tissu urbain ce faubourg garde sa spécificité. Un faubourg. Un vrai.

Quelques photos de l’hiver 2008-2009 qui ont pour seul but de montrer la tranquille mélancolie cradingue des détails que j’aimais et qui planaient sur ce quartier historique.

Nancy a des hauteurs -3-

[Photos brutes du 24 mai 2018 | Nikon X100f | à l’écoute en rédigeant: Ultramoderne, «Les nouvelles usines»]

[Est-ce un copié-collé du copié-collé billet précédent? Oui, totalement]

Nancy a aussi des auteurs comme Michel Caffier ou Charles Ancé. Aussi des autrices comme Virginie Despentes mais du coup ça marche pas pour le jeu de mot. Et ça serait dommage vu qu’on est sur un sommet de l’humour du XXIe siècle.

Mais Nancy a des hauteurs. C’est que les vallons entaillant le plateau de Haye d’est en ouest, grosso modo, au bord de la ville, c’est pas chose rare. Les vallons ça fait des hauteurs sur le côté du vallon, c’est comme ça que ça a été organisé, si ça vous va pas faut contacter les paysagistes hein. Moi perso j’aime bien. Et donc au milieu des hauteurs y’a des vallons. Quand la ville vient poser son gros cul sur ce genre de géographie, ça fait des rues en pente, c’est n’importe quoi, on n’a décidément rien retenu du tremplin des JO d’Albertville: les pentes ça descend. L’humain n’a donc aucun bon sens. Ainsi naquit, le vendredi 25 juillet -198 851 273, c’est officiel, cherchez pas d’autres sources, le vallon de Boudonville.

Et moi le vallon de Boudonville, je l’aime beaucoup, tout penché, tout tordu, tout perché, tout bourgeois par ici, tout délabré par là, tout pas pareil selon comment penche le coin.

Nancy a des hauteurs -2-

[Photos brutes du 24 mai 2018 | Nikon X100f | à l’écoute en rédigeant: Weezer, «Surf Wax America»]

[Est-ce un copié-collé du billet précédent? Oui, totalement]

Nancy a aussi des auteurs comme Michel Caffier ou Charles Ancé. Aussi des autrices comme Virginie Despentes mais du coup ça marche pas pour le jeu de mot. Et ça serait dommage vu qu’on est sur un sommet de l’humour du XXIe siècle.

Mais Nancy a des hauteurs. C’est que les vallons entaillant le plateau de Haye d’est en ouest, grosso modo, au bord de la ville, c’est pas chose rare. Les vallons ça fait des hauteurs sur le côté du vallon, c’est comme ça que ça a été organisé, si ça vous va pas faut contacter les paysagistes hein. Moi perso j’aime bien. Et donc au milieu des hauteurs y’a des vallons. Quand la ville vient poser son gros cul sur ce genre de géographie, ça fait des rues en pente, c’est n’importe quoi, on n’a décidément rien retenu du tremplin des JO d’Albertville: les pentes ça descend. L’humain n’a donc aucun bon sens. Ainsi naquit, le vendredi 25 juillet -198 851 273, c’est officiel, cherchez pas d’autres sources, le vallon de Boudonville.

Et moi le vallon de Boudonville, je l’aime beaucoup, tout penché, tout tordu, tout perché, tout bourgeois par ici, tout délabré par là, tout pas pareil selon comment penche le coin.

Nancy a des hauteurs -1-

[Photos brutes du 24 mai 2018 | Nikon X100f | à l’écoute: Nina Hagen, «Hatschi-Waldera»]

Nancy a aussi des auteurs comme Michel Caffier ou Charles Ancé. Aussi des autrices comme Virginie Despentes mais du coup ça marche pas pour le jeu de mot. Et ça serait dommage vu qu’on est sur un sommet de l’humour du XXIe siècle.

Mais Nancy a des hauteurs. C’est que les vallons entaillant le plateau de Haye d’est en ouest, grosso modo, au bord de la ville, c’est pas chose rare. Les vallons ça fait des hauteurs sur le côté du vallon, c’est comme ça que ça a été organisé, si ça vous va pas faut contacter les paysagistes hein. Moi perso j’aime bien. Et donc au milieu des hauteurs y’a des vallons. Quand la ville vient poser son gros cul sur ce genre de géographie, ça fait des rues en pente, c’est n’importe quoi, on n’a décidément rien retenu du tremplin des JO d’Albertville: les pentes ça descend. L’humain n’a donc aucun bon sens. Ainsi naquit, le vendredi 25 juillet -198 851 273, c’est officiel, cherchez pas d’autres sources, le vallon de Boudonville.

Et moi le vallon de Boudonville, je l’aime beaucoup, tout penché, tout tordu, tout perché, tout bourgeois par ici, tout délabré par là, tout pas pareil selon comment penche le coin.

Pas de palais, pas de palais [Nancy]

[Photos brutes du 16 octobre 2016 / Nikon D800 / A l’écoute: Atarashii Gakko, «Drama»]

Parfois tu es à Nancy, et tu te casses la gueule tous les deux pas. Tu es effrayé, tu es en peine, le monde ne veut-il plus de toi? Tu as raté ton développement personnel? Tes godasses ont perdu leur semelle? Tes pieds ont-ils décidé de partir faire le Vendée Globe? On fait quoi des peaux de mandarine, c’est poubelle bleue ou poubelle violette? Quel avenir politique pour Michel Barnier?

Noooooooon, rien de tout ça. C’est juste que tu marches sur la voie ferrée, connard.

A Nancy y’a la vieille voie ferrée Saint-Georges, futur boulevard urbain voie douce piste cyclable coulée rouge voie tram-train barreau de chaise touillette piétonne de gazpacho. On sait plus trop à un moment. D’ailleurs une partie est déjà faite et certaines de ces photos appartiennent au passé (ce qui est un peu le propre de la photo). En attendant, y’a des gens qui y font des trucs plus utiles que des machins plats et étanches sur lesquels faire rouler des voitures. Et même parfois un chat te surveille de loin le temps de ta balade avant d’aller faire son rapport sur ton intrusion à son officier au QG des chats.

Nancy, ville normale

[Photos du 6 avril 20017 | Nikon D800 | Photos brutes]

En fait à Nancy le mieux à faire c’est de marcher au hasard. C’est comme dans toutes les villes. Marcher seul et au hasard, à la rigueur avec une personne qui a envie de marcher seule aussi et qui est économe en paroles. Voilà une bonne façon de découvrir les villes. Une bonne façon de voir aussi ce qu’on ne te propose pas de voir. Bref, de laisser la ville faire sa sauvage. Et seulement après, quand tu n’as pas suivi les sentiers battus, tu peux aller suivre les itinéraires. Celui sur le patrimoine universitaire est très bien par exemple. A Montréal, mon cousin m’avait fait découvrir la ville à travers ce type de patrimoine, c’était fort intéressant. Alors hein. Bon. Sinon dans le fond tu fais comme tu veux, mon avis c’est possible de s’en taper.

Nancy, jamais de but mais toujours au centre

[Photos du 30 mars 2014 | Nikon D7000 | Photos brutes]

Un Dimanche en Lorraine, mais surtout à Nancy hein. Bah oui, le hasard m’a fait grandir à Nancy. Et puis en plus Nancy étant le centre du monde connu, statut qu’elle se dispute d’après un ami avec la rue de l’Ornain à Laxou Champ-le-Bœuf, bref, c’est un peu normal.

De toute façon le centre du monde connu ça change tout le temps selon où je me trouve, vu que c’est moi qui le décrète.

Voilà. J’ai pas envie de parler du titre de ce billet, laisse-moi tranquille.

Bon allez, des photos. Quatre. C’est bien quatre. Ah non cinq. C’est moins bien.

Nancy, ville mouillée

[Prises de vue du 24 février 2011 | Sony Alpha 100 | Photos pas brutes]

Enfin ça mouille surtout quand il pleut. J’aime bien les ambiances de la ville le soir avec ses rues tristes et brillantes, comme si tous les immeubles fondaient et s’écoulaient dans les égouts. On imagine le lendemain matin un vaste marécage, une friche, froide, grise, plus rien. L’eau a tout emporté, lentement, elle a érodé la ville. Quelque chose entre Blues Trottoir et Midnight City, Stalker et Cloudpunk, Nestor Burma et Drive.

Ce jour-là, j’ai une peu poussé mon Sony Alpha 100 dans ses retranchements. C’était un super petit boîtier, je l’aimais beaucoup. C’était en 2011, et je me demande bien ce que je foutais dans la rue à cette heure. Peut-être que je sortais de l’hôpital et que j’avais besoin de diluer le souvenir encore tout frais de la souffrance au long cours de ma mère dans cette pluie de février. Peut-être que je revenais de mon stage à Vandœuvre en traînant un peu. J’habitais rue Vayringe et je faisais tous mes trajets à pied. Peut-être que je revenais de chez un copain, j’en ai quelques-uns vers la Commanderie et Médreville. Je ne revenais sûrement pas d’une soirée étudiante; si j’ai repris mes études tardivement, ni à vingt ans ni à trente je n’ai été attiré par ces moments. J’en ai fait deux trois tout de même. J’ai rigolé grâce à l’alcool, sans pour autant passer des bons moments.

Définitivement, marcher seul sous la pluie à la nuit tombée reste une meilleure idée.

Rue Vayringe, histoire d’une expo [Nancy]

[Prise de vue du 20 octobre 2012 | Nikon D7000 | Photos brutes a z’y j’ai redressé quand même un peu y’en avait des bancales]

J’ai déjà fait des expositions. Tu m’as pas demandé mais j’te l’dis. Ouais. J’en parle parce que je trouve que je suis pas assez égocentrique. Et ces expos, putain ça a toujours été un supplice. Les vernissages. A chaque fois les vernissages, même sympas et décontractés, mais quelle horreur. Dans ma tête ça équivaut à écrire une lettre de motivation, l’auto-humiliation absolue. Déjà faut manger avec des gens que tu connais pas, c’est une épreuve. Après faut leur parler. De ton boulot, de ta «démarche artistique™», de toi. Mais j’ai jamais eu une idée très claire de ce que je fais tu sais. Moi je marche, je vois le monde à travers mes névroses gentilles et j’appuie sur un bouton. Après le reste, je sais pas trop. Alors en parler… et le paradoxe c’est que j’adore parler. Même devant un public ça me gène pas. Devant des amphis même j’ai déjà fait. Mais je parle pas de moi, dans les amphis. Là, on attend quelque chose de toi, on te pose des questions, et neuf fois sur dix tu vois bien que les gens ne savent même pas trop pourquoi ils te posent des questions. Pas plus que tu ne sais ce que tu leur réponds. C’est le problème quand t’as rien à prouver aux autres mais que t’as des trucs à te prouver à toi mais que tu te sens mal d’avoir des trucs à te prouver au milieu de gens qui attendent que leur prouve des trucs à eux tout en craignant quand même leur jugement. Putain, la panique. Une fois même j’étais tellement mal que je me suis barré en plein milieu.

Mais pourquoi on s’inflige ça?

Viens voir mes photos, me parle pas et casse-toi et voilà.

Je suis le Frank Black de l’image t’sais.

Bon, aujourd’hui, je gère mieux. Ce que je fais, je sais que c’est pas génial et d’ailleurs c’est pas mon but de toute façon, et je sais que c’est pas de la merde non plus. C’est juste ce que je fais. Et ça plaît à des gens, mieux, ça leur fait plaisir. Que demander de plus, à part du provolone? Dans ma tête je suis plus menuisier que photographe. Dans la vraie vie si j’étais menuisier je pense qu’il me faudrait moins de deux minutes pour finir aux urgences.

Surtout, aujourd’hui, j’ai appris à m’en foutre et à répondre n’importe quoi, quitte à laisser les gens perplexes. Ça me fait même rigoler. Alors bien sûr je reste tout rouge et je sue ma vie, mais je m’en fous. C’est un vrai confort d’en avoir strictement rien à battre. Au final, même si j’aime pas ces moments, bah c’est comme une averse, t’y peux rien et ça va passer, autant en rire et se foutre de la gueule de l’inéluctable. Et parfois, quand je trouve quelqu’un cool, on cause pour de vrai. Et ça peut durer des heures.

Les gens, mon bonheur et mon problème.

En 2012, je faisais souvent des trucs avec mon copain frère de photo Sylvain. Ça m’aidait de faire avec lui, il abordait tout ça bien plus sereinement que moi. On avait fait une expo sur les Vins de la Craffe, sis à Maxéville: les caves, les anciens bureaux, les traces des brasseries précédentes, bref le «patrimoine caché». D’ailleurs c’est rigolo, le lieu actuel s’appelle «Le site des Brasseries» et pas «le site du vin de merde». Choix pertinent du point de vue d’une collectivité. De mon point de vue j’aurais trouvé ça drôle. On avait aussi ressorti des vieux tirages de sites industriels dont on faisait rien. A l’époque je créchais rue Vayringe, cette rue de Nancy qui est fichée dans mon affection comme Attal à Matignon: ça s’en va jamais. On avait recyclé notre expo, on avait collé scotché tout n’importe comment sur des cartons de n’importe quoi, et puis on avait demandé aux maraîchers voisins -n’hésitez pas à les visiter, ils sont toujours là- pour accrocher sur leurs grilles. On avait fait venir des potes. On avait squatté l’ancienne voie ferrée Saint-Georges, et dans mon vieux fidèle Jolly Jumpy (encore un truc fiché) on avait fait un bar. Enfin, un bar… dans nos têtes hein. On avait posé des boutanches et des gobelets et les gens se servaient. Le petit attroupement attirait les passants qui venaient voir les photos, les copains répondaient aux questions des quidams en nous montrant Sylvain et moi, cannette à la main, «c’est eux les photographes». On faisait coucou de la main depuis Jolly Jumpy, et comme on faisait pas mine de s’approcher, bah les gens restaient avec les copains et nous on pouvait boire tranquilles. La police municipale est quand même venue vérifier ce qui se passait mais comme on était blancs et un peu ivres, ils ont rien dit, ça passe. Effet miroir, quoi.

Aujourd’hui on serait fichés SFXHJKTE. Minimum. Finalement être subversif c’est facile: tu restes assis et tu attends que le monde devienne complètement con autour de toi, et bam! Un jour te v’là subversif, et sans efforts superflus.

Ouais bon bah voilà, c’est un super souvenir, dont voici quelques photos.

Ah et en passant, si à cinquante t’as genre un SUV de luxe ou une sportive hors de prix, mais que t’as pas de vieux Jumpy, bah t’as raté ta vie.

Remarque si t’as un SUV ou une sportive, t’as raté ta vie, même si t’as un Jumpy.

Le Faubourg des III Maisons côté canal [Nancy]

[Prises de vues d’octobre 2010 | Sony Alpha 100 | Photos brutes]

Allez quoi, le Faubourg. Il est connu à Nancy comme un quartier super bien et les gens du quartier disent qu’il est nul et qu’il était mieux avant.

C’est une sorte d’équation.

Moi je l’ai vécu y’a longtemps avec une fenêtre qui donnait sur le canal, faisant rez-de-chaussée surélevé de ce côté. Tout au bout du Faubourg, là où il vient faire des bisous avec la langue à Maxéville. Je vivais avec les pigeons, les mouettes, les canards, les rats, les gens qui promenaient leur chien ou leur cirrhose, parfois les deux, les joggers, les rares péniches et les plaisanciers en saison. Et c’était extrêmement chouette. J’ai passé des heures à cette fenêtre à regarder passer le temps. En plus j’ai été au chômage pendant un moment à cette époque, autant te dire que quand j’avais terminé de saboter mes lettres de motivation et mes entretiens, cette fenêtre était un remède à la mélancolie, comme on dit quand on s’appelle Eva et qu’on fait des phrases parfois trop longues sur un ton malicieux depuis Paris.

Ah et bien sûr, y’a des chats errants. Pas de bon quartier sans chats errants pour détruire avec du fun gore la biodiversité, du haut de leur patrimoine génétique plus flingué que celui de Philippe de Villiers.

Allez on va au canal? Allez! A POIL AU CANAL! A POIL AU CANAL!

(Ah désolé, je croyais que j’avais bu mais non en fait)