Lunéville en noir & blanc

[Photos du 25 juin 2009 | Sony Alpha 100 | Photos pas brutes dans mon souvenir car comme un con à l’époque je gardais pas toujours la photo brute]

Il est de bon ton quand on est Nancéien de se foutre tout le temps de la gueule de Lunéville, Toul, Champigneulles, Frouard, Thionville, Pont-à-Mousson, Épinal, Charmes, Mirecourt, Dieuze, Fénétrange, Vézelise et euh… bah de tout le monde dans la région, quoi. Normal Nancy c’est la capitale de l’univers. Forcément. Et moi j’ai grandi où? A Nancy. Eh ouais ma gueule. Alors attention je vais te parler de Lunéville, et ça va être gratiné.

Ah meeeeeerde. Attaque de flemme. Tant pis ça sera pour une prochaine fois.

Boum, des photos alors.

Infidélité géographique #2: Jette-Bruxelles-Ganshoren

[Prises de vues du 22 et 23 novembre 2018 | Fuji X100F | Photos pas si brutes mais pas mal]

Autant je suis pas un grand fan de l’Italie, autant le fromage italien c’est mon pêché mignon. Eh bah la Belgique, c’est le contraire.

Au-delà de la formule, comme on dit dans le milieu, j’ai une affection particulière pour le Belgique et en particulier le pays Wallon. Et puis j’ai un copain assez fameux à Bruxelles chez qui j’aime à me rendre pour partager ses dernières trouvailles de punk ouzbek ou d’électro-folk letton. Un garçon précieux pour ma discothèque. Comme il est en banlieue en fait on traîne souvent dans la banlieue: Jette (et la maison-musée de René Magritte), Ganshoren (et son église Saint-Martin fort étonnante), Moleenbek (et son parc du Scheutbos). Parfois même si je reste trois ou quatre jours il arrive qu’on ne foute pas un pied à Bruxelles, qui est pourtant au bout de la rue. Et j’aime bien cette idée d’aller à Bruxelles sans aller à Bruxelles. Mais allez dis, c’est bien aussi Bruxelles.

Quelques photos de cette ville et un peu de ses banlieues. Une ville pour laquelle il est difficile de ne pas développer une forte affection.

Nancy, soir de saint Nicolas

[Prises de vue du 3 décembre 2022 / Photos brutes avec du recadrage pour préserver la dignité / Fuji X100F]

Aahahah. La saint Nicolas. A Nancy. Moi je suis comme tout le monde qui vient des environs et qui a un cerveau, je laisse ma voiture en banlieue, je prends le tram. Bon c’était à l’époque que les moins de deux ans ne peuvent pas connaître car ces temps-ci le tram a été remplacé par des travaux, et les travaux c’est décidément pas des bons modes de transports en commun. Mais les travaux devraient à terme être remplacés par des bus qu’on nous promet encore plus cools que les trams. Qui vivra verra.
En tous cas ce soir de décembre, j’ai déboulé du tram avec des gens pour aller assister au défilé de la saint Nicolas. Alors bon moi les saints hein, on est d’accord, c’est pas mon truc, c’est des gonzes qui ont trouvé comment faire le buzz avant même l’invention de la télé, je leur accorde pas beaucoup plus d’importance qu’à Loana et Jean-Édouard (je n’ai pas rallumé la télé depuis ce sinistre épisode). Ceci posé, je reste un grand fan du Nico. Le Nico de mon enfance, certes, le Nico de ma région, oui, mais surtout le Nico de quand je bossais à Saint-Nicolas-de-Port où j’arrivais en bus juste à l’ouverture de la basilique. Et comme je l’ai toujours trouvée magnifique j’allais toujours y faire un tour, tous les jours, en attendant que ce soit l’heure du boulot. Et j’ai pris l’habitude de causer avec le Nico débonnaire à gauche du transept. Les autres Nico avaient des tronches de mecs sérieux, ça m’allait pas. Bon je lui marmonnait à peu près autant de conneries que j’en écris ici, mais on a fait connaissance et on a bien rigolé dans l’ensemble de mes vannes foireuses et il a été à l’écoute quand je lui ai confié quelques peines et quelques théories qui agitent mon cerveau (par exemple relier le cul des vaches à Mars avec des tuyaux pour y envoyer massivement du méthane qui serait source d’énergie permettrait-il de coloniser Mars et de relancer la sidérurgie lorraine? Car en effet, si on veut pas que les tuyaux se mélangent faudrait des usines à perte de vue pour réaliser un serre-joint géant pour bloquer la rotation de la Terre… je vous passe les nombreuses implications de tout ça). Bref, on est devenus intimes avec le Nico, et j’aime à la saluer dans ses demeures, de la Lorraine au Tréport.

C’est pour ça, pour tout ça que j’aime ce défilé, et ça n’a aucun rapport avec la présence d’enfants dans ma maison et de camarades qui reviennent tous les ans de région parisienne se faire ébouriffer la face par le défilé et ses à-cotés.

Alors j’ai fait mes photos en noir et blanc. C’est une fête colorée. Bon. Pourquoi? Je sais pas vraiment. J’aime bien faire du noir et blanc avec le Fuji. Et c’est rigolo de faire pas de couleur quand le sujet c’est la couleur. Pour faire le malin? J’aurais pu être tenté de profiter du fait que vous n’y connaissez rien et que vous êtes une foule ignare qui m’admire sans discernement pour claquer des tas de photos en noir et blanc complètement floues pour faire l’artiste là comme ça et tout avec des poses genre les mains en cœur, comme si j’étais le DJ de vos vies et que y’avait vraiment trop de love ce soir à Ibiza je vous aime de ouf. Mais non. Je ne les mets pas parce que à tous les coups un-e rabat-joie qui sait faire des photos correctes va commenter: ah ragneugneu c’est juste des photos ratées.

Et ça ne serait pas faux.

Alors je fais un vague effort de sélection et je vous mets les moins pires, du moins celles que j’aime bien. Pour sauver mon statut légendaire.

Et que la magie de Noël vous… ah non merde.

Nancy ça vaaaaaaa!

[Prises de vue 22 avril 2024 / Fuji X100F / Photos brutes]

Ouais Nancy ça va on s’en sort bien. Autant Nancy peut être une ville riante, belle, dynamique, joyeuse, avec plein de parcs très jolis, de lieux de culture intéressants, d’événements sympas et (plus ou moins) populaires, exceptionnels même, de bâtiments magnifiques du XIVe siècle à nos jours, avec des balades urbaines très chouettes et des banlieues perchées qui ouvrent des vues splendides et attachantes allant jusqu’aux Vosges… autant on ne peut pas réduire Nancy à ça. Ce serait injuste.

Car Nancy c’est aussi, fort heureusement, une ville plombante, grise, minérale, déprimante, triste, moche, glauque, pleine de solitude, de précarité, de choix architecturaux discutables (non je ne pensais pas à la cathédrale mais c’est pas bête du tout), c’est petit sans qu’on puisse en voir le bout, c’est vide et cafardeux. Bref, une ville dont la tristesse nous épargne la gaieté.

On a eu chaud.

Petite série au sortir d’un hiver laborieux qui se prolonge avec toute ma tendre affection. Le printemps attendra, de toute façon j’ai pas trop envie de voir sa gueule à lui. Le plus tard sera le mieux.
NDLR. L’auteur est égocentrique et ne possède pas d’arbres fruitiers.

L’Autre Ville

Bah c’est un billet avec juste une photo alors je vais pas non plus en faire trop. Mais parfois on me dit: «tu vas jamais à Metz?».

Alors d’abord si parfois je vais à Metz mais je suis Nancéien. D’abord il faut réussir à quitter Nancy par le Nord sans se faire gauler par la police de Nancy. Puis il faut arriver à Metz par le Sud sans se faire gauler par la police de Metz. On fait pas ce qu’on veut quand il y a un derby des cons. Sans compter qu’il ne faut pas en route se faire happer par la désirable plaine de la Woëvre, ou les belles hauteurs de Prény ou d’Arnaville, ou rester coincé devant la jolie église de Corny-sur-Moselle. Je te dis c’est compliqué. Bon bref parfois je vais à Metz et on en recausera (sous le manteau).