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  • Château-Voué, ne pas s’y perdre

    Je commence à fatiguer pour les titres. C’est la fin de l’abondance.

    Alors je te mets Château-Voué en titre, mais on ne va pas voir le village. Oh que non. On va voir la cambrousse autour du village. Je te fais une première série en noir & blanc et puis après on va foutre de la couleur.

    Alors bien sûr la saison compte. Mais ce que j’aime bien dans ce village, c’est partir sur le chemin du cimetière et poursuivre au-delà, sur cette crête morne et battue par le vent. Étonnant d’ailleurs qu’en septembre 14 le front ne se soit pas stabilisé ici, c’est un super endroit pour faire une guerre de tranchées. Bon après les militaires et l’esthétique hein. Voilà. On s’est compris.

    Et ce qui est rigolo, t’as beau y mettre de la couleur, ça reste morne et battu par le vent. C’est d’ailleurs un coin étonnant de la Moselle, perdu, presque oublié. Les villages sont minuscules; 93 habitants à Château-Voué et ce n’est pas mieux dans les villages voisins: 32 à Obreck, 21 à Sotzeling, 59 à Wuisse…

    Hop, couleur.

    J’aime bien ce côté mystérieux loin de tout. La forêt, même si elle n’est pas si étendue que ça, est très présente. En tous cas elle a une manière intense d’être présente. On est loin des autoroutes à randonneurs, les promeneurs y sont rares. On n’a pas envie de s’y perdre.

    Ah merde le billet est déjà terminé et j’ai pas de conclusion. C’est pas grave je vais

  • Des Gabonais-e-s à la salle Poirel

    J’ai tellement de photos en stock à foutre ici que là j’attends que l’explorateur Windows termine son bordel pour me mettre tout ça d’équerre. Après je choisirai le thème sur une base de scrolling hasardeux. Autant te dire que là tout de suite j’ai même pas la moindre idée du titre. Ah bah ça y est. Ah tiens dis. Le Chant sur la Lowé. D’accord. Bon je fais le titre.

    A Nancy entre autres trucs très chouettes y’a le festival international de chant choral. Moi au début le chant choral hein… en tant que sale mauviette punk qui s’assume même pas comme punk, bah tu vois, j’étais pas spécialement dans le délire.

    Et puis un jour, une mienne camarade que je salue ici me dit: Viens! Alors moi tu sais, Nomeny une ni deux je me pointe. Et voilà pas que sa formation à elle, les Hurteloups de Loisy, grâce leur soit rendue, accueille dans le cadre du festival une chorale d’ailleurs. Eh ouais. Pendant une semaine. Pis t’sais faut un photographe.

    Alors moi j’dis: un photographe d’accord mais euh…

    C’est ma meilleure réplique.

    Et là tu te dis: Le Chant sur la Lowé! C’est eux qu’ils ont accueilli! Cet ensemble choral gabonais! Je ne peux plus attendre de lire la suite du récit et tous les beaux échanges humains qui

    Non mais en fait c’est pas eux qu’ils ont reçu. C’est le Novosadski Kamerni Hor, le Chœur de Chambre de Novi Sad. Alors ouais les échanges machin tout ça. Mais définitivement, les gens de Novi Sad ne sont pas Gabonais, et les gens de Libreville ne sont pas Serbes. Définitivement. Alors quoi.

    Alors toutes ces chorales, groupes, ensembles, meutes, tu peux appeler ça comme tu veux, ils ont chanté salle Poirel. Oui, salle Poirel, la salle à l’acoustique aussi exceptionnelle que sa déco. La salle Poirel, comment dire… c’est un peu comme si tu faisais un strike mais euh… de salle de spectacle. Je veux dire c’est le max.

    La salle Poirel, tu penses des trucs dans ta tête, tout le monde l’entend: l’acoustique est une pure merveille. J’insiste. Alors reprenons mon nombril là où je l’ai laissé. Ah ouais. Dis, hé, j’étais photographe genre avec un truc autour du cou pis un machin avec des trucs marqués dessus comme quoi j’étais le photographe, je reste sérieux dans mes affaires. Grâce soit rendue aux Hurteloups hein. Une fois encore.

    C’est comme ça que je me suis retrouvé salle Poirel à faire des photos. On aura l’occasion de reparler de cette semaine magique. J’en garde un souvenir brillant. Exceptionnel. Le chant choral je me trompais. Et avec des gens comme le Chant sur la Lowé, qu’on voit dans ce billet, j’ai appris à quel point c’est émouvant, jusqu’à s’en retrouver l’œil marécageux, quand les gens chantent ensemble.

    Après je suis un peu con. Je le savais déjà. Quand tes poils se hérissent depuis le lycée à l’écoute de La Nuit de Walpurgis ou de la cantate «O haupt voll blut und wunden» de Mendelssohn, du Deutsches Requiem de Brahms ou de la Création de Haydn, tu le sais en fait. Les gens qui chantent ensemble, ça peut pétrifier sur place. Certains de ces chœurs font le même effet qu’un orchestre symphonique, dès la première note. Et même avec une certaine habitude de la chose: la chair de poule, une émotion à en chialer. Et les questions. Comment une espèce comme la nôtre peut faire cohabiter dans ses réalisations l’orchestre symphonique, l’ensemble choral, et d’autre part la guerre ou le viol? Par exemple… C’est à n’y rien comprendre. Mon cerveau ne peut pas accepter qu’il s’agisse de la même espèce. Tant de génie et de beauté et tant de méprisable cruauté. C’est bizarre. C’est vraiment bizarre. Je sais que ça n’existe pas en vrai, mais je ne peux m’empêcher de croire que si on joue Puccini sur un champ de bataille, eh bah la guerre s’arrête tout de suite.

    En attendant le Chant sur la Lowé, c’était beau, ça l’est toujours. De chouettes personnes, de chouettes moments, je m’en souviendrai toute ma vie sauf vers la fin à cause d’Alzheimer.

    Un autre coup je te causerai des Serbes du Novosadski Kamerni Hor, c’était très valable hein. Très. Et peut-être d’autres chœurs découverts cette fameuse semaine comme les Biélorusses du Salutaris Chamber Choir. Et définitivement merci aux Hurteloups de Loisy et à la mienne camarade pour m’avoir proposé de les suivre sur cette semaine. Ce fut un régal très fondateur pour moi.

  • Liverdun, cité du Prout

    Alors. Le titre. Verdun cité de la Paix. D’accord? Un billet sur Liverdun… mais ! mais! mais ! Mais y’a une fête médiévale à Liverdun! Et le Moyen-Âge, cette période si bien définie et tellement homogène, on le sait bien, c’est des âges sombres, obscurantistes. On croyait que les Égyptiens avaient des piles, on croyait que les noirs étaient des barbares, les chefs de la garde castagnaient tout le monde au moindre pas de travers, le roi faisait tout qu’est-ce qu’il voulait, si un homosexuel sarrasin voulait chanter on l’empêchait avant de le pendre par les pieds. On travaillait jusqu’à la mort, aussi, trop de fun. Pis surtout on était saaaaaale. On puait et on pétait à tout va. On PÉTAIT.

    Tu l’as?

    Liverdun cité du Prout.

    Bienvenue dans mon cerveau (aka la cité du Malaise).

    Et bon courage.

    Ces photos de la fête médiévale à Liverdun, c’était y’a des plombes. Je ne sais même pas si elle se fait encore, depuis la petite pandémie mondiale qui a traversé le paysage. Y’avait un monde, genre pour marcher devant toi valait mieux savoir escalader en dévers des êtres humains. En vrai «dévers» je sais pas exactement ce que ça veut dire mais je vérifierai après la publication parce que je trouve que ça fait bien dans la phrase et je veux pas être tenté de le retirer.

    Dans les fêtes médiévales, y’a plein d’artisans qui sont beaucoup plus virils que moi. Et que toi. Plus talentueux aussi. La plupart sont plus beaux. Mais attention, le risque est important qu’ils écoutent du folk, ce qui annule les qualités précédentes selon l’arrêté perso de Dadu du 23 août 2000 promulgué à Confolens, cité honnie de l’Enfer Folk. Peut-être certains artisans n’écoutent pas de folk, alors dans ce cas, ce sont à peine des humains et je ne peux que les vénérer, ils sont le Rémy des Ludwig Von 88, tu peux pas lutter.

    Parfois ils ont des animaux les gens des fêtes médiévales. Alors ceux fringués en grosses baltringues de nobles ont des chevaux, mais les autres ont par exemple des oies. Bah les oies ça fait super plus peur que les chevaux. Moi si on fait octogone cheval vs oie, je parie sur l’oie. Même si on fait Kaaris vs oie, je parie toujours oie. Si on y repense, c’est pas les chevaliers qui ont sauvé le Capitole, c’est ces grosses teignes d’oies sadiques, bornées et ultra-violentes. D’ailleurs je serais pas surpris que not’ ministre du Dedans menace de dissoudre les oies. Ça serait pas le truc le plus con qu’il aurait fait hein.

    Les plus complexants des artisans (complexifiants? complexogènes?) sont les forgerons. Ils ont des gros musc’ mais ils sourient, ils ont des outils de fils de Vulcain qui font chhrtftftr ping bang fruitrffrfrf voire wiiiiiz. Les gars c’est les plus gros bâtards de la Terre parce que non seulement ils te collent des complexes et tu les détestes et à la fois t’as trop envie de passer la nuit avec, quelle que soit ton orientation sexuelle. Ils ont des poils et de la sueur qui sont jolis. C’est un scandale. J’en appelle à notre ministre des entrailles. Dissolvez donc, brave nabot! Même si avec une de leurs mandales vous pourriez finir sur l’ISS. Tel le Gilbert de Clerc de Mansfield TYA, cher petit Gérald, trouvez une bataille au mieux.

    Parfois les gens des fêtes médiévales ils ont carrément des oiseaux. Les oies c’est pas des oiseaux c’est des machines à tuer et à traumatiser les enfants (ça n’a bien sûr rien à voir avec ma propre histoire). Nan tu sais ils ont des oiseaux genre. genre pas des perruches quoi. Des trucs ça te regarde tu dis «oui maître» en baissant la tête, en mangeant des mouches et écoutant sa voix dans ton cerveau prendre le contrôle de ton esprit. Ah ah c’est le Moyen-Âge hein. C’est sombre on t’a dit. Aussi si t’écoute rien hein faut pas t’étonner de finir possédé par l’diab’ au fond d’un asile.

    Bon parfois le Moyen-Âge ça va, mais sans Alain Afflelou ça serait plus relou. Alors hein, c’est pas de la pub, j’ai jamais rien acheté chez Alain, et si ça se trouve c’est un sale type. Qu’est-ce que j’en sais? Après tout si Picasso était un sale type, l’Alain peut bien être la pire turpitude de la couille à Hermès. Franchement.

    Bon alors dans les fêtes médiévales ça c’est obligé. Fallait pas s’attendre à un remix de Cure par Vitalic hein. La meilleure solution c’est boire beaucoup. En étant suffisamment ivre ça peut passer pour un morceau mineur de Barbatuques. Après faut déjà être bien attaqué hein. Ceci dit sur une fête médiévale y’a généralement de quoi faire le job.

    Moi je veux voir une charge chevaliers nobliaux contre les prolos traîtres de la Brav-M. Pis si ils peuvent tous crever dans la mêlée, je veux bien venir et sans cacher ma joie hurler du haut du tas de corps brisés: «Match nul».

    Parce que moi je veux bien être gentil mais quand les nobles ont des canassons qui sont mieux habillés que nous, moi je dis ça sent l’Rustaud qui va gravir des cols.

    Après quand c’est chromé voilà. Moi aussi j’ai la culture du Saulnois, je comprends ces choses-là. C’est chromé c’est chromé. Y’a pas à discuter. Allez, d’accooooooord les nobliaux. Vous maîtrisez le style. Notez que ça donne envie de vous piller du coup.

    Je sais pas qui c’est le relou anachronique qui s’amuse à coller depuis tout-à-l’heure du rapport de classes partout comme si il avait des trucs à compenser. Comme si il avait un complexe de classe au final… comme si il ne venait pas d’une vraie famille ouvrière. Je me demande si…

    LOL C’EST MOI

    Bon. Toutes mes sottises mises à part, c’était une chouette fête médiévale la fête de Liverdun, malgré son affluence scandaleuse. Je me demande vraiment si elle existe encore. Je ne suis qu’à quelques clics de cette info, mais il me semble bien plus intéressant de ne pas savoir pour écrire. Et puis le lieu. Quand j’entends dans les manifs des gens brailler: «Tout-le monde-détesteuh la police», j’ai envie de répondre: « Certes et bien entendu, mais tout le monde aime Liverdun, d’autre part». Et ça l’ultragauche (marque déposée par le petit Gérald, le Sarkozy du pauvre) ne pourra pas nous l’enlever. Liverdun c’est la porte de Nancy depuis le train de Paris. C’est cette blancheur perchée sur sa colline, qui fera dire au voyageur: «Ah bah dis hé, y’a un château t’as vu?». Bon alors c’est sûr que si le voyageur vient de se faire les Châteaux de la Loire il va juste rien dire et baver à la fenêtre comme tous les crétins blasés du monde. Mais n’empêche que Liverdun, c’est beau. Et c’est tout.

    Et si t’es pas d’accord, tu vas te prendre une charge de nobles consanguins en armure mon gars… prie pour ton TGV, quoi.

    Tiens, octogone TGV vs charge de chevaliers, je me demande si…

    Enfin bon, moi je parie sur les oies par défaut de toute façon.

  • Nomeny oui ni non

    Alors. D’abord on peut débriefer le titre. Je… euh… je peux me cacher derrière une hypothétique démarche artistique par exemple. Ça dirait comme ça que d’abord c’est un hommage à Raymond Aron. Ah. Quand tu mets Raymond Aron dans une phrase tout de suite hein ça fait moins les malins. En vrai je suis dans le Fernand Braudel Crew mais bon. L’opportunisme c’est bien pratique. Et c’est pas incompatible en plus.

    Bon bah voilà, un bon debrief, on a bien avancé. On peut faire une pause smoothie.Et puis mettre des images histoire de dissiper le malaise lié à cette introduction.

    Nomeny on a dit. Pour moi Nomeny ça a longtemps été un nom sur un panneau. Quand j’étais mioche, j’allais avec mon grand-père souvent dans sa cahute à Sivry, en partant de Nancy. Et sur la route, tu vois le panneau Nomeny. Je sais pas pourquoi ce nom retenait mon attention. Je ne peux pas t’expliquer, mais Nomeny, ça sonnait mieux que Jeandelaincourt ou Ajoncourt tu vois. Ajoncourt. Qui veut vraiment aller à Ajoncourt? Si on est honnête deux minutes. Alors que Nomeny, ah… tu tournes le nom dans ta tête et déjà y’a des jeux de mot qui apparaissent. Et un peu plus distingués qu’avec Ajoncourt. Ça fait son chemin et pouf, Nomeny se positionne en outsider dans ton paysage mental. Ni une, voire ni deux. Nomeny une ni deux.

    Ah mince. Le malaise. Vite, une photo.

    Nomeny tu vois c’est une architecture assez particulière. Pourquoi? La première fois que j’ai été à Nomeny, je le savais déjà car grâce à l’instruction, j’avais appris que Nomeny avait été victime d’une Première Guerre Mondiale en goguette et ça c’est vraiment pas de chance. Et cette Première Guerre Mondiale, on va l’appeler Yvette pour simplifier, elle a eu l’indélicatesse de s’acharner un peu. Yvette, par le truchement d’officiers allemands un peu fébriles, a provoqué fin août 1914 l’incendie de la localité, le déplacement et la fusillade de certains habitants.

    La blague d’Yvette trouve ici ses limites, parce que voilà ce que fait la guerre. Elle massacre des gens. Assez simplement. Juste, faut le dire. Comme à Gerbéviller. Comme à Mỹ Lai. Comme à Bouchta. Comme dans ces milliers de patelins sur lesquels elle s’est abattue. C’est pas pour faire ma miss France, mais la guerre, hein… Va bien manger tes grands morts, Edouard Detaille… la guerre c’est pas le rêve (même si esthétiquement il est badass ton tableau, j’avoue).

    Donc oui. Nomeny a une architecture de la Première Reconstruction, qui dans la région est à mon avis extrêmement charmante. On la voit ici, mais on la voit aussi massivement en Meuse avec de bien belles choses. On lira à ce sujet avec avantage l’ouvrage collectif suivant: Les reconstructions des années 1920 et 1950 en Lorraine: un renouveau architectural et urbain, édité avec le soutien vénérable de la Gazette Lorraine. J’ai pas d’autres références, c’est mon côté baltringue.

    J’aime bien les formats portraits, ils apparaissent en tout grand et tout, c’est trop bien. le jour où j’ai été faire ces photos, qui sont plus que moyennes, je faisais un passage rapide à Nomeny. Je sortais d’une journée éprouvante et j’avais envie de fuir un coup, vite fait, tranquille. Je savais pas trop où aller alors j’ai été à Nomeny. Pas à Ajoncourt.

    Ça m’a fait du bien. C’est joli Nomeny. Plus pentu que je ne l’aurais pensé. J’ai adoré cette architecture évoquée ci-dessus. Elle a, surtout à Nomeny, quelque chose de désuet et c’est sympathique. Comme si déjà, dans les années 20, cette incarnation de la IIIe République en faisait beaucoup trop. Comme si l’idéal, quoiqu’il vaille, fanait déjà. Quand un régime se met trop en scène, tout tendu comme une crampe, c’est le début de la fin, je me dis souvent. C’est ce que je retrouve ici. Cette vision joliment provinciale, cette ambiance si parfaitement républicaine, on se croirait dans un tour de France fait par deux enfants, au hasard. Et le fossoyeur de tout ça, qui pourtant en utilisa bien des motifs, n’était qu’à deux décennies de fonder l’éphémère régime de Vichy. Ça sentait déjà fort le sapin.

    é sa fé réfléchire, comme dit le Philosophe sur Cnews.

    Bon euh… allez encore une petite photo et moi j’y vais, j’ai des trucs à faire comme rien faire par exemple.

    La prochaine fois on va où?

    Bah moi je trouve risqué de poser la question comme ça, vu comme l’auteur de ces lignes peut parfois confondre espièglerie et vulgarité…

  • Old School HDL

    Ahah le titre me fait penser à ce vieux System of a Down, «Old school Hollywood».

    Nancy. Le HDL. Le Haut-du-Lièvre. Un des quartiers célèbres de Nancy pour leur réputation célèbre (cette phrase est sacrée meilleure phrase de ce billet). Pendant longtemps j’y connaissais pas grand chose au HDL, j’allais parfois y faire de la musique le soir et puis voilà. Ça se passait toujours bien même si y’avait des gens chelous. En vrai des gens chelous ça fait une impression mais ça fait rien d’autre. Finalement dans des quartiers plus privilégiés on se croise dans la rue sans se regarder ni se dire bonjour et ça aussi c’est chelou. Cette série de photos est déjà ancienne. Le quartier a énormément changé depuis. A l’époque j’habitais dans la partie éclatée du Faubourg des III Maisons et j’étais monté au marché du Haut-du-Lièvre à pinces parce que la santé tout ça.

    J’ai pas trouvé grand chose qui m’intéresse d’ailleurs ce jour-là alors j’ai un peu raoué. Je savais pas que quelques années plus tard ce quartier deviendrait un lieu habituel pour moi, que j’en connaîtrais les immeubles, les appartements, les recoins, les commissariats, les locaux associatifs, la piscine, les foyers d’hébergement et toutes ces sortes de choses. Que j’y serais à l’aise, sauf la fois où un mec m’a suivi de nuit sur 500 mètres en m’insultant sans jamais trop s’approcher cependant. Mais sans s’éloigner non plus. Bon, ça m’empêche pas de m’y sentir toujours à l’aise. Un fois sur toutes les fois ça fait pas beaucoup. J’ai été une seule fois à Pise dans ma vie, je me suis retrouvé avec un couteau pointé sur le ventre et délesté de cinquante balles. Donc bon. Je suis mieux au HDL.

    Le paysage est brutal dans ce quartier, surtout à l’époque. Plusieurs immeubles sont tombés depuis, des morceaux de ses célèbres barres, le Cèdre Bleu et le Tilleul Argenté, sont devenus poussière. Et ça va encore s’accélérer dans les mois à venir. Ce jour-là, j’étais entre les immeubles et ça foutait un peu le vertige toute cette verticalité. Mais j’aime ça. Je ne suis pas sûr que les choix soient judicieux, je ne sais pas si c’était bien de construire ces quartiers, mais qu’importe, ils sont là et j’aime y faire des photos. Aujourd’hui, en 2023, je l’ai assez fréquenté pour ne plus trop voir cette verticalité car j’ai appris sa lumière. Ses heures. A quelle heure à quelle saison la lumière tombe comme-ci, comme-ça. Il y a des heures, des endroits où j’aime être, précisément. Quand je peux, j’essaye de filer au bon endroit au bon moment. Quand le soleil d’hiver, vers l’heure du goûter, en pleine détresse, en plein plongeon, vient lécher les façades, sournois, hypocrite, avec ses rayons en biais. Quand midi tombe soudain sur la rue le long de la clinique et de la maternité et qu’une averse s’achève. Quand l’angle du soleil, en été, vient heurter le quartier, et qu’apparaissent des ombres tranchantes sur les murs des passages sous les immeubles.

    Enfin je te dis ça et puis je te fous des photos en noir et blanc qui datent de la jeunesse de Michel Drucker, un jour sans teint. En même temps, la grisaille uniforme, c’est beau. Et puis ça me donne l’occasion de causer du quartier tiens. Il se passe plein de trucs chauds quand même là-haut. Tout de suite, on pense délinquance, trafics et tout ça. Les vrais trucs chauds, c’est la précarité, c’est le sort des « mineurs isolés », c’est quand même de la belle détresse.

    Mais c’est qu’à côté de ça il se passe plein de trucs chouettes. Des histoires de solidarités entre voisins. Des jeunes qui sourient. Les lumières du soir. Les langues qui flottent dans l’air. Ce long échange entre des jeunes qui racontent leur village au Bénin, et cette gamine qui raconte en retour sa vie à Beyrouth et les silos volatiles.

    C’est cette maman qui élève huit enfants avec un courage incroyable et qui, un jour où elle peignait une toile avec un peintre du coin, dit soudain, à l’issue d’un soupir sans fin dur à interpréter: « Eh bien… je crois que ça fait au moins quinze ans que je m’étais pas mise assise pour faire quelque chose pour moi. Je ne savais pas que j’aimais peindre! »

    C’est ce petit groupe de gamins qui comme tous les gamins du monde ont fait une cabane dans les arbres au bord du quartier, et qui posent devant comme des héros de western, c’est des voix dans la nuit autour d’une table et d’une lumière rouge, dans une toute petite pièce, c’est cette ado insupportable et classée comme « perdue » par trop de gens qui ne veut plus décoller d’un piano et joue et joue encore.

    En même temps le quartier tu sais il est comme tous les autres. Il est soumis à des lois statistiques. Quand tu vois la densité de population, forcément ça augmente d’autant plus la possibilité de tomber sur de chouettes personnes. On s’y attache. Je me souviens de la véritable détresse d’un jeune de vingt ans quand il a appris que son bout d’immeuble allait être détruit et qu’il serait relogé dans un endroit plus cool. Lui, il était là, les yeux rouges, à répéter: « mais comment je vais faire ailleurs? Je veux pas partir! Comment je vais faire? ».

    Il ne lui manque rien à ce quartier… enfin, peut-être un peu moins de tiraillements ethniques et religieux et un peu plus de conscience de classe. Histoire de foutre un peu le bordel pour de bonnes raisons.

    Je me souviens de ces gamines du quartier qui se demandaient à quoi ressemblerait leur immeuble idéal. Dedans il y a avait leur école, une bibliothèque, une salle de jeux, une supérette, une crèche, une salle de repos pour les mamans. Et une piscine sur le toit!

    L’une d’elles, pensive, compléta: « enfin faudrait pas non plus que tout ce qu’il nous faut soit dans l’immeuble sinon on n’en sortirait plus jamais ».

    Précisément, jeune fille. Précisément. Ton quartier est beau. Que ce soit le HDL ou les hauts de Dommartemont. Que ce soit un lotissement à Pulnoy ou la Vieille Ville. Ton quartier il est beau. Mais c’est pas une raison pour ne pas en sortir. Et puis d’abord si tu vas pas voir ailleurs, tu ne connaîtras jamais la valeur de ton petit Lyré.

    Big up, Joachim du B., j’te kiffe (t’es de la famille à Cardi B. ou quoi?).

    Allez, suis-moi. On quitte le HDL et on va voir ailleurs si on y est. Où tu veux aller tu dis? A Longwy? Ah non pas encore ça fait chier. Viens, on va dans un village pour changer. Oui. Ou pas. Bon, ta gueule, prends tes pieds et on y va.

  • Faut arrêter avec Toul

    Non ouais. Faut arrêter avec Toul. Toul les boules et tout ça. Dans quelques articles je te dirai le contraire, avec des photos du Toul crado, c’est tout l’art d’être un con. Tu ne m’ôteras pas ça, ô funeste lecteur. Lectrice. Je sais pas. Je sais plus. Putain, il nous faut du neutre, décidément. C’est fou d’avoir une langue aussi riche et complexe et d’avoir pas été foutus de gérer ce problème.

    Revenons au sujet. Parce que y’a la cathédrale Saint-Étienne à Toul. Et tu vois l’A31? Si tu vois. Tu pars de Nancy, tu roules vers Paris, vers Dijon, vers un retrait de permis, que sais-je encore. Mais ce qui est sûr, c’est que tu vas croiser Toul. Ou pas loin. L’autoroute va frôler Toul en réalité, par Dommartin, par Valcourt, l’autoroute va se dire: merde, je suis moche à crever, et là, on voit deux tours de cathédrale qui dépassent. Si si, juste là à droite. J’ose pas. Alors l’autoroute se courbe et défonce des coins de campagne au bout de Dommmartin, par timidité. Ce qui est gentil quoiqu’un peu bizarre, parce que les autoroutes sont faites pour piétiner des villes, depuis le début. Depuis les premières agglomérations en Anatolie et autres points hype du globe, c’était le plan. Mais bon. Pas là.

    Ça t’a pas échappé qu’il y avait deux tours qui dépassaient hein? Eh oui. La cathédrale Saint-Étienne. Elle est beeeeeelle avec son cloître et tout. Tu sors de l’autoroute (c’est pas fictif, c’est un ordre) et tu vas dans Toul guetter la cathédrale. Moi la première fois que je l’ai rencontrée, je pense que c’était en CM2. On allait ou on revenait de la visite de la Maison de la Polyculture à Lucey (lieu de visite pas mal chiant quand t’es en CM2 et à la fin des années 80). Dans tous les cas, je me suis retrouvé la face en l’air à téma la façade. C’était tellement imposant, beau, chouette, tout ça. Je me souviens que ça m’a plu, immédiatement. Mon imagination a hurlé: «Vos gueules tout le monde, code rouge! code rouge! alimentation majeure de fantasmes!». Mon imagination savait que je finirais rôliste. Enfin voilà, ça m’a plu. A tel point que le blondinet de 10 piges que j’étais s’est retrouvé moins de dix ans plus tard sur un banc de fac à se palucher sur l’architecture religieuse avec en main «La Lorraine Gothique» de Marie-Claire Burnand.

    Et sans surprise: on la reverra ici assez souvent la cathédrale Saint-Étienne de Toul. Elle a bien mérité du blog. Brave fille. C’est la cathédrale à son pépère? Hein? Ouiiiiii! C’est la cathédrale à son pépère ça hein? Oh oui c’est la cathédralounette. Viens! Viens sur les genoux!

    Pardon. Bravo. Merci.

  • Longwy/Congo: la base

    Une fois comme ça j’allais en formation à Briey, et comme Briey c’est chiant, tous les experts sont formels à ce sujet, j’ai pris ma voiture et j’ai été voir Longwy. En fin de journée après la formation. J’avais besoin de changer d’air, parce que le formateur était vachement bien mais le sujet était vachement con (le combo tombait bien en un sens). Bon, moi je prends mon Jolly Jumpy et me v’là barré. On me parle de Longwy depuis que je suis petit, sur tous les modes: c’est horrible c’est génial c’est mort c’est vivant c’est facho c’est solidaire c’est l’enfer c’est beau c’est touchant c’est nul. On dirait que je suis le seul à ne pas savoir des trucs sur Longwy. Alors j’y vais. Et puis en plus j’ai rencontré ces dernières années des gens de Longwy qui sont super chouettes. Je sais pas si ils font exprès mais c’est scandaleux d’être chouette comme ça. Les gens de Briey je sais pas ce qu’ils valent, on dirait que personne ne vient de Briey. Bon, bref, j’étais à Longwy et paf, en fait c’est compliqué Longwy, le haut, le bas, les côtés, les coteaux, au-dessus sur le viaduc, en-dessous dans les mines… mais quel bordel, y’a du Longwy à tous les étages. Alors j’ai voulu me promener parce que ça m’inspirait bien tout ça. Bah Longwy tu sais quoi? Faut des jambes pour se promener à Longwy. Longwy c’est pas la plaine d’Alsace tu vois. Comme j’avais pas beaucoup de temps, même si j’ai des jambes, j’ai juste fait quelques photos comme ça. Mais j’y suis retourné par la suite. Et j’ai envie d’y retourner encore un peu. Ça a l’air pas mal, Longwy.

  • What is my punk?

    C’est vrai ça. C’est une bonne question. Qu’est-ce qu’il va se passer ici? Qu’est-ce qu’il ne va pas se passer ici? Où es-tu, lectrice, lecteur, en réalité? Qui te parle?

    Moi je suis un mammifère omnivore. Je suis de passage, parce que je me promène, et parce que je suis mortel et pas très important. Je suis une portion infinitésimale du vivant qui grouille sur cette planète.

    Ceci évacué, Un Dimanche en Lorraine, pourquoi? Si j’essaye de structurer ma pensée malgré les oiseaux qui braillent dehors, malgré plusieurs fulgurances mortes-nées qui traversent mon esprit, malgré 58 notifs des réseaux sociaux, et en dépit de ce joli motif de poussière derrière mon ordi, c’est un blog, parce que pour écrire des trucs j’ai pas encore trouvé mieux. Des trucs avec des images.

    La Lorraine. Pourquoi la Lorraine. Ah. Bon. J’ai quatre siècles d’ascendants lorrains. Côté maternel comme paternel. C’est pas de la merde. Et c’en est, à la fois. Mon patrimoine génétique doit craindre. Suis-je fier? Non. Être fier de la terre, qui ne m’appartient pas, être fier de cette province, de ce duché, de ce pays, de mon cul sur la commode, c’est con, dans l’ensemble. Puisque je n’ai rien choisi. Je pourrais être né bactérie sur une exoplanète. La fierté de la terre et des origines n’a aucun sens. La destinée c’est de la merde, la réincarnation aussi, le patriotisme n’en parlons pas. Donc, non, je ne suis pas fier. Suis-je content? Oui! Ah bah ça oui. Ah bah putain tu m’étonne que je suis content. Il se trouve que la Lorraine n’y est pour rien initialement, mais mon histoire familiale et individuelle (pointons volontiers les limites de la famille) fait que j’ai eu l’occasion de connaître ma ville, Nancy, et sa région, la Lorraine. Des les aimer profondément, d’une tripe à l’autre. Sous plein d’aspects. Mais tu sais, plein. Pas deux. Plein. De son patrimoine militaire à son histoire pacifiste, de ses mouvements snob à son histoire ouvrière, de Charles IV, le premier punk de l’histoire lorraine, à Stanislas, le gars en surpoids content de lui (le premier Gérard Larcher de l’histoire? En passant surtout par les infinités de petites mains et de petites gens qui font les régions. Du Dédé au fond du Toulois qui de génération en génération coupe son raisin et fait son vin juste pour lui et les copains jusqu’à la Denisa, arrivée de Roumanie en 2014 dans une caravane sans fenêtres, migrée dans un appart’ pour apporter une vie meilleure à ses gosses et ça marche pas toujours malgré ses efforts mais ça marche quand même un peu. Du Philippe et de son amour des voitures anciennes hérité de son père dans le Grand Couronné à Jamila venue d’Algérie via l’Italie, militante écologiste, féministe et végétarienne dans le Pays-Haut. Tout ça, c’est les Lorrains, les Lorraines et la Lorraine. Tout ça et tout ce qu’il y a entre les deux. Donc je ne suis pas fier, je suis amoureux, passionné, attaché, touché, plein de tendresse. Tout ça c’est pas pareil que fier. J’aime la Lorraine, et pour cette raison, j’ai envie de garder un pied dans la porte quand les nationalistes régionalistes fragiles et obtus veulent la fermer, parce que c’est autant chez moi que chez eux, et que chez moi tu es toujours bienvenu-e. J’aime ma région, je lui fais confiance, je n’ai peur de rien avec elle: alors bienvenue à toi, pour trois mois ou pour 100 000 ans. Quelle que soit ton origine, ta langue, ton orientation sexuelle, ta religion (c’est pas grave) ou ta non-religion (c’est cool), tes idées, ta gueule. Même si tu n’aimes pas le gorgonzola, je consens à t’accueillir. Mais ça sera un effort, ne nous le cachons pas. Les gens c’est ma chouette malédiction. Je ne peux pas les voir en peinture: essaye de m’intégrer à un groupe, je te bats le record du 800000 mètres pour fuir. Essaye de me séparer d’eux, je te casse la mâchoire à coups de cric tellement j’ai besoin d’eux et tellement, à vrai dire, je les aime. Les gens.

    — Pour l’histoire de te casser la mâchoire à coups de cric, pas impossible que je me luxe une épaule rien qu’en le soulevant. Tu ne risques rien.

    Y’a pas souvent de gens sur mes photos parce que:

    1/ J’ai peur de prendre les gens en photo

    2/ Je veux pas faire chier les gens

    3/ Les gens ils ont raison vu le développement des réseaux sociaux, de m’envoyer me faire foutre

    4/ Mais quand même j’ai envie alors ça va dépendre

    Mon modèle c’est «Les Pieds sur Terre» sur France Culture. Tu dois aller écouter ça tout de suite. Juste des gens qui causent. Toutes sortes de gens. Des gens que je trouve chouettes, des gens que je trouve cons, des autres qui m’émeuvent, des suivants qui me font rire, des faquins que j’ai envie de taper. Et c’est génial. Je connais peu d’endroits médiatiques aussi incroyables que cette émission de reportages pour parler, prendre la parole et ne pas être jugé. Merci Sonia Kronlund.

    J’ai tapé quelques interviews à droite à gauche, portraits de Lorrainn-e-s, très attachés à la région comme moi, ou bien qui espèrent la fuir au premier coup de vent. Je tenterai d’en faire la relation. Sinon ça parlera beaucoup de Nancy parce que c’est mon berceau, et bien sûr de la Lorraine. Parfois je ferai des escapades chères à mon cœur: La Haute-Normandie, un peu de baie de Somme conséquente, un zeste de Vézelois, des Balkans plein, et puis des autres endroits un peu à la vas-y comme j’te pousse.

    Donc bienvenue. Incompétence joyeuse, procrastination revendiquée et rigoler avec de la tendresse parfois vache dans le gosier, ça va être un peu le programme.

    Et surtout fais comme chez toi.

    ——————————————————————————————-

    Comme tous les gens qui comme moi se rattachent à la mythologie du «Ni dieu ni maître», j’ai tout de même, caché-e-s au fond de mes placards, deux trois idoles.
    Et comme j’aime les listes, voici une liste de gens, de lieux ou de choses, réel-e-s comme imaginaires, qui m’ont marqué et influencé tout au long de ma vie. Qui ont changé quelque chose dans ma vie. Un bouquin, un acteur, une chanteuse, un personnage, une émission, un son: sens-toi libre de parcourir cet univers et de pouffer de connivence ou de le honnir et j’y peux rien si t’as pas de goût. Certaines de ces références ont ranci depuis (Philippe Val par exemple, ou François Bégaudeau, ô combien rances) mais par le passé elles m’ont eu un sens, alors je les mets quand même, du bout des doigts avant d’aller me laver les doigts.

    «1984» (George Orwell)
    «28 Jours plus tard»
    Deena Abdelwahed
    Albator
    Alien, le 7e Passager (Ridley Scott)
    Sonita Alizadeh
    Juliette Arnaud
    Astérix et Obélix
    Alexandre Astier
    Felix MENDELSSOHN BARTHOLDY
    Beach House
    Echobelly
    Gert Bettens
    Sam Bettens
    Beyoncé
    Amadou Hampâté Bâ
    Pierre Bayle
    Amiga 500
    Joachim du Bellay
    François Bérenger
    Loco Locass
    Jorge Bernstein
    Jello Biara
    Etretat
    Bimbo Killers
    Sophie Binet
    Frank Black
    Marc Bloch
    Hérodote
    Manic Street Preachers
    Johannes Brahms
    Minecraft
    «Abyss»
    La Dernière (Radio Nova)
    Fernand Braudel
    The Breeders
    Tim Burton
    Barbara Maitland
    Les Playmobils
    Johnny Flynn
    Jacques Callot
    Jackie Welles
    Dieppe
    Cassie Raptor
    Herman’s Hermits
    Blaise Cendrars
    Ceux de 14 (Maurice Genevoix)
    Alain Chabat
    Chilla
    Cowboys Fringants
    China Drum
    Mano Negra
    The Clash
    Han Solo
    Cloudpunk
    Dorothée
    Cloverfield
    Font & Val
    «La Raison du Plus Faible»
    Kurt Cobain
    Avishai Cohen
    Vézelay
    Sam Cooke
    François Corbier
    La Patère Rose
    The Beatles
    K2R Riddim
    nina Simone
    Régine Crespin
    Crooklyn (Spike Lee)
    The Crusaders
    Cyberpunk 2077
    Le Dé
    Exékias
    Paris Combo
    John Deacon
    Judy Alvarez
    Dead kennedys
    Kelley Deal
    Rimouski
    «Le Dernier Pilote»
    Kim Deal
    Lydia Deetz
    Charles Delvert
    Camille Desmoulins
    Virgnie Despentes
    The Movement
    Phillip K. Dick
    Stefan Eicher
    Le Havre
    Béatrice Dalle
    Sarajevo
    Do a Powerbomb! (Daniel Warren Johnson)
    Ernő DOHNÁNYI
    Diego Pallavas
    Emeraldas
    Et Vive l’Aspidistra! (George Orwell)
    Fabcaro
    The Little Rabbits
    Jean-Baptiste Pergolèse
    Kaamelot
    Mary-Elisabeth Mastrantonio
    Fallout
    Montréal
    Golshifteh Farahani
    Atari 520 ST
    Fécamp
    Un Faux Graphiste
    Florence Foresti
    Sage Francis
    Célestin Freinet
    Le château de Hever
    Brighton
    Caspar David Friedrich
    Pete Fromm
    La Gale
    Romain Gary
    Maurice Genevoix
    Rupert Giles
    Emma Goldman
    «Le Vietnam au futur simple»
    Laure Granbesançon
    Clémentine (le dessin animé qui faisait peur)
    François Hadji-Lazaro
    Hommage à la Catalogne (George Orwell)
    Indian Creek (Pete Fromm)
    Interpol
    Dom La Nena
    The Jam
    Jean Jaurès
    Joan Jett
    Jockstrap
    Indiana Jones
    Jul
    Juliette
    Atarashii Gakko
    Kik
    Stephen King
    Saint-Nazaire
    Kathe Kollwitz
    Sonia Kronlund
    Genesis
    K’s Choice
    Manu Larcenet
    Evelyn Parker
    Yeah Yeah Yeahs
    «L’Air de la Guerre» (Jean Hatzfeld)
    «La Lorraine Gothique» (Marie-Claire Burnand)
    «La neige en deuil» (Henri Troyat)
    Georges de La Tour
    Hole
    Rod Stewart
    Andie McDowell
    Les Mystérieuses Cités d’Or
    «Le Chant des Forêts» (Vincent Munier)
    «Le Combat Ordinaire» (Manu Larcenet)
    «Le Nom des Étoiles» (Pete Fromm)
    «Le Seigneur des Anneaux» (J.R.R. Tolkien)
    L’Échelle de Jacob (Adryan Line)
    Les Passagers du Vent (François Bourgeon)
    Les Sept Ours Nains (Émile Bravo)
    Robert Lamoureux
    Marie-Renée Lavoie
    Lydia (Huscarl de Blancherive)
    Paul Lintier
    Leftöver Crack
    Au-dessus de la Mêlée (Romain Rolland)
    Bernard Lenoir
    Mort Shuman
    Otoboke Beaver
    Aymeric Lompret
    Howard Phillips Lovecraft
    Mansfield TYA
    Les Mondes Engloutis
    Cheap Trick
    Valérie Masson-Delmotte
    Brian May
    Azra
    Medef Inna Babylone
    Freddie Mercury
    Guillaume Meurice
    Courtney Love
    Samantha Micelli
    Tony Micelli
    R.E.M.
    «Pacific Rim» (Guillermo Del Toro)
    Louise Michel
    Mon Dragon
    Sleeper
    Mount Kimbie
    Michel Munier
    Vincent Munier
    Bill Murray
    Nada Surf
    Renaud
    Nirvana
    Foo Fighters
    NO FX
    Nota Bene (Benjamin Brillaud)
    Nous Autres à Vauquois (André Pézard)
    Les Nuls
    Marc Ogeret
    Hoba Hoba Spirit
    Georges Orwell
    Alexander F
    Klô Pelgag
    Johnny Mafia
    Rosa Parks
    Max Payne
    Penseur Étoile
    André Pézard
    Pixies
    Le Vagabond
    Sushi Nihiliste
    Pierre La Police
    Joseph Ponthus
    Apashe
    Iggy Pop
    Philippe Poutou
    Giaccomo Puccini
    Queen
    Élysée Reclus
    Retour Vers le Futur
    Rihanna
    Jean Rochefort
    Les Innocents
    La Cité de la Peur
    Mitski
    Romain Rolland
    Sandrine Rousseau
    Winona Ryder
    Joe Sacco
    Shake Shake Go
    Les Schtroumpfs
    Joe Strummer
    Shed Seven
    SLIFT
    Sorcha
    Nina Hagen
    Spectres
    INXS
    The Stranglers
    Subhumans
    Faraj Suleiman
    Buffy Summers
    Zabiskie Point
    Stalker (Andreï Tarkovski)
    Stalker (GSC GameWorld)
    Anne Sylvestre
    Israël Sylvestre
    Brigitte Bop
    XTC
    System of a Down
    Tank Girl
    «La Vie et rien d’autre» (Bertrand Tavernier)
    Roger Taylor
    Thérapie Taxi
    John Ronald Reuel Tolkien
    Henri Troyat
    Les Tuniques Bleues
    Ultramoderne
    Un Jour sans fin
    Un peu d’air frais (George Orwell)
    Les Négresses Vertes
    Deux Années sur le Gaillard d’Avant (R.H. Dana)
    Une Histoire Birmane (George Orwell)
    Félix Vallotton
    Camila Moreno
    Thomas VDB
    Ray Ventura
    Audrey Vernon
    Metro 2033
    Alfred E. Van Vogt
    Vol de Nuit (Antoine de Saint-Exupéry)
    Rebeka WARRIOR
    Edith Wharton
    Wet Leg
    Willow (Ron Howard)
    Yonaka
    Jessy Bulbo
    Clara Ysé
    Michelle Zancarini-Fournel
    Stefan Zweig